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Peindre à la gouache : le guide pour débuter

Mate, couvrante, soluble à l’eau même une fois sèche : la gouache est la peinture idéale pour débuter et pour peindre dehors. Le matériel, la différence avec l’acrylique, les techniques de base, des idées faciles et la méthode pour peindre un paysage.

Peindre à la gouache - Plateforme Sia

La gouache a souvent l’image d’une peinture d’école, en pots, pour les mains des enfants. C’est pourtant celle de nombreux illustrateurs, affichistes et peintres de paysage. Mate, couvrante, rapide à sécher et peu encombrante, elle permet de peindre partout, à la table de la cuisine comme face à la mer.

Ce guide t’explique ce qui la rend si particulière, ce qui la distingue de l’acrylique, le matériel pour commencer, les gestes de base, et comment peindre ton premier paysage, à l’atelier ou sur le motif.

La gouache, c’est quoi ?

La gouache est une peinture à l’eau, faite des mêmes ingrédients que l’aquarelle : des pigments et un liant, la gomme arabique. La différence tient à la quantité de pigment, plus importante, et à l’ajout d’une charge blanche qui la rend opaque.

Trois propriétés en découlent, et elles changent toute la façon de peindre :

  • Elle couvre. Une couche de gouache cache ce qui est dessous. On peut donc peindre un ciel clair sur un fond sombre, ou corriger une erreur en repassant par-dessus, ce que l’aquarelle ne permet pas.
  • Elle est mate. Une fois sèche, sa surface ne brille pas : les couleurs ont un aspect velouté, très apprécié en illustration.
  • Elle reste soluble à l’eau. Même sèche, une touche humide la réactive. C’est un avantage, car on peut fondre ou reprendre une zone le lendemain, et un piège, car un pinceau trop mouillé abîme la couche du dessous.

Il existe deux qualités. La gouache scolaire, en pots ou en tubes larges, est peu chère mais moins chargée en pigments. La gouache extra-fine, en tubes, offre des couleurs plus intenses et plus stables. Pour débuter sérieusement, quelques tubes extra-fins valent mieux qu’un grand coffret scolaire.

Gouache ou acrylique : quelle différence ?

C’est la question que tout le monde se pose avant d’acheter ses couleurs. Les deux sont des peintures à l’eau, mais elles se comportent très différemment une fois sèches.

GouacheAcrylique
Liantgomme arabiquerésine acrylique
Une fois sècheredevient soluble à l’eauimperméable, ne bouge plus
Aspectmat, veloutésatiné à brillant
Séchagerapidetrès rapide
Retouchespossibles, en réhumidifiantpar-dessus uniquement
Supportspapier, cartonpapier épais, toile, bois, presque tout
Couches épaissesà éviter : elles craquellentpossibles, avec des empâtements
Pinceauxse nettoient facilementà laver tout de suite, sinon ils durcissent

Choisis la gouache si tu veux peindre sur papier, dans un petit format, avec une finition mate, et garder la possibilité de reprendre une zone. C’est aussi la plus simple à emporter dehors.

Choisis l’acrylique si tu veux peindre sur toile, en grand format, avec des couches épaisses qui ne bougeront plus. Notre cours L’ABC de la peinture acrylique en présente les bases.

Il existe aussi une gouache acrylique : l’aspect mat de la gouache, avec un liant acrylique qui la rend imperméable une fois sèche. Elle est pratique pour superposer des couches sans les réactiver, mais on perd la possibilité de reprendre une zone à l’eau. Peut-on mélanger gouache et acrylique ? Mieux vaut éviter de les mélanger sur la palette : le mélange perd les qualités des deux, il ne se réactive plus vraiment et risque de craqueler. En revanche, on peut peindre à la gouache par-dessus une couche d’acrylique bien sèche, par exemple pour un fond. L’inverse est déconseillé : l’acrylique accroche mal sur la gouache, qui se réactive sous le pinceau.

Le matériel pour débuter la gouache

Pas besoin d’un grand coffret. Une palette réduite apprend davantage, parce qu’elle oblige à mélanger.

  • Six couleurs en tube : un jaune, un rouge magenta, un bleu cyan (les trois primaires), un ocre jaune, un turquoise et un blanc. C’est la palette que propose Sébastien Arcouet dans ses cours de paysage. Le blanc s’use deux fois plus vite que les autres : prends-en un grand tube.
  • Un papier de 200 g/m² minimum. En dessous, il gondole à la première couche. Un papier aquarelle ou un papier « mix media » convient parfaitement.
  • Un pinceau rond de type aquarelle, assez gros pour les aplats et assez fin à la pointe pour les détails. Un pinceau plat de taille moyenne aide pour les grands ciels.
  • Une palette (une assiette blanche suffit), deux pots d’eau (un pour rincer, un d’eau propre) et un chiffon.
  • Un crayon ou un feutre fin pour l’esquisse, et du ruban de masquage pour fixer la feuille.

Compte environ une trentaine d’euros pour l’ensemble en qualité correcte.

Les techniques de base de la gouache

Trouver la bonne consistance

C’est le geste le plus important. Dilue la gouache jusqu’à la consistance d’une crème ou d’un yaourt liquide : assez fluide pour s’étaler en un seul passage, assez épaisse pour couvrir. Trop d’eau, et la couche devient transparente et marbrée, comme une aquarelle ratée. Trop peu, et elle craquelle en séchant.

Poser un aplat

L’aplat, une surface de couleur uniforme, est la signature de la gouache. Prépare assez de couleur pour toute la zone, charge bien le pinceau, et étale en bandes qui se chevauchent, sans revenir sur ce qui commence à sécher.

Travailler en couches fines

Pose les grandes masses d’abord, puis les formes moyennes, et termine par les détails. Chaque couche doit être fine. Pour peindre par-dessus une couche sèche, garde le pinceau peu chargé en eau et passe une seule fois : en frottant, tu réactives la couleur du dessous et le mélange devient boueux.

Éclaircir et foncer

Contrairement à l’aquarelle, où le blanc vient du papier, en gouache on éclaircit avec du blanc. Pour foncer une couleur, évite le noir, qui salit : ajoute une pointe de sa complémentaire, comme l’explique notre guide des couleurs complémentaires.

Anticiper le séchage

La gouache change légèrement de valeur en séchant : les couleurs claires foncent un peu, les couleurs foncées s’éclaircissent. Fais un essai sur un bout de papier avant de peindre une grande zone, surtout pour les ciels.

Peindre sur le motif

Peindre « sur le motif », c’est peindre devant le sujet réel, dehors, plutôt qu’à partir d’une photo. L’expression vient des peintres de plein air du XIXᵉ siècle, et elle désigne toujours la même expérience : regarder longtemps un paysage, avec sa lumière qui change.

La gouache est la peinture idéale pour ça. Elle sèche vite, ne demande ni médium ni solvant, se range dans une petite boîte, et l’eau suffit à la nettoyer.

Quelques règles pour une première sortie :

  • Choisis un petit format (A5 ou A4). Dehors, le temps est compté.
  • Donne-toi une heure. La lumière change vite : les ombres tournent, les couleurs du ciel aussi. Au-delà, tu peindrais un autre paysage.
  • Cadre avant de peindre. Un rectangle découpé dans un carton, tenu à bout de bras, aide à choisir ce qui entre dans l’image et ce qui reste dehors.
  • Simplifie en grandes masses. Ciel, lointains, plan moyen, premier plan : quatre formes suffisent pour commencer. Les détails viennent à la fin, ou pas du tout.
  • Emporte un vaporisateur d’eau pour garder ta palette humide au soleil.

Peindre sur le motif est aussi un apprentissage du regard. On choisit une vue, on se demande ce qui nous y intéresse : une lumière, une ligne, un contraste. C’est par là que commence le travail d’un peintre de paysage.

Des idées faciles pour peindre à la gouache

Pour tes premiers essais, choisis des sujets qui se résument en quelques formes et quelques couleurs :

  1. Un coucher de soleil en dégradé, avec une silhouette d’arbre ou de colline en couleur sombre.
  2. Des montagnes superposées, chaque rangée un peu plus claire et plus bleutée que la précédente.
  3. Une plage minimaliste : trois bandes (ciel, mer, sable) et une ligne d’écume blanche.
  4. Un ciel étoilé, où le blanc posé à la pointe du pinceau fait les étoiles, ce que l’aquarelle ne permet pas.
  5. Des fruits sur une table : un citron, une orange, une poire, et leurs ombres.
  6. Une tasse ou un vase, pour travailler une forme simple et son ombre portée.
  7. Un cactus en pot, plus foncé d’un côté pour le volume.
  8. Des fleurs en aplats, façon affiche : chaque pétale d’une seule couleur.
  9. Une maison sous la lune, avec les fenêtres éclairées en jaune posées en dernier.
  10. Un motif géométrique, pour t’entraîner aux aplats nets.

Si tu cherches des sujets dessinés et prêts à peindre, nos modèles d’aquarelle à imprimer fonctionnent aussi à la gouache. Pour la plage et les vagues, notre guide pour peindre la mer détaille les couleurs de l’eau, l’écume et la vague déferlante.

Peindre un paysage à la gouache, pas à pas

Le paysage est le grand sujet de la gouache. Voici la méthode, celle qu’on suit à l’atelier comme sur le motif :

  1. Choisis ta vue et ce qui t’y intéresse. Une lumière, une ligne d’horizon, un contraste entre la mer et une falaise. Ce choix guide toutes les décisions suivantes.
  2. Structure la feuille en quelques traits, au crayon ou au feutre fin : la ligne d’horizon, les grandes masses, rien de plus. Place l’horizon au tiers de la hauteur plutôt qu’au milieu : la composition respire mieux.
  3. Peins le ciel en premier, en dégradé, plus soutenu en haut et plus clair vers l’horizon.
  4. Peins les lointains, plus clairs, plus bleutés et moins contrastés : c’est la perspective atmosphérique. Plus un élément est loin, plus il prend la couleur de l’air.
  5. Viens vers le premier plan, avec des couleurs plus chaudes, plus saturées et plus contrastées.
  6. Termine par les détails et les lumières : l’écume, un reflet, une fenêtre éclairée, posés en couleur claire par-dessus. C’est là que l’opacité de la gouache fait merveille.

Pour comprendre pourquoi les lointains refroidissent et comment composer une palette harmonieuse, notre guide du cercle chromatique est le bon point de départ. Et pour les verts et les bruns d’un paysage à partir de trois primaires, notre guide pour faire de l’orange, du vert et du marron donne les mélanges.

Les erreurs fréquentes

  1. Trop d’eau. La couche devient transparente et marbrée. Vise la consistance d’une crème.
  2. Des couches trop épaisses. Elles craquellent et s’écaillent en séchant. Préfère deux couches fines.
  3. Frotter une couche sèche. La couleur du dessous se réactive et le mélange devient boueux. Passe une seule fois, pinceau peu chargé.
  4. Foncer au noir. Il éteint les couleurs. Utilise la complémentaire, ou un bleu profond.
  5. Oublier le changement au séchage. Un ciel peint « juste » peut sécher trop sombre. Fais un essai à côté.
  6. Un papier trop fin. Il gondole et la peinture s’accumule dans les creux. Pas moins de 200 g/m².

Apprendre la gouache avec Sébastien Arcouet

Sébastien Arcouet est peintre de paysage, installé dans le Sud-Ouest. Autodidacte et chimiste de formation, il a travaillé dix-sept ans chez un fabricant de peintures pour artistes, où il a appris comment se fabriquent les couleurs et rencontré de nombreux peintres. Il peint aujourd’hui avec une palette restreinte et des contrastes forts, souvent dominés par le bleu outremer, à l’atelier comme sur le motif.

Sur Sia, il propose une série de cours en direct à la gouache, entre mer, forêt et falaises, qui alterne peintures sur le vif, séances à l’atelier et cours plus techniques :

  1. Peindre un paysage au bord de l’océan à la gouache
  2. Du motif à la feuille : dessiner un paysage avant de le peindre
  3. Peinture sur le vif : un paysage de forêt à la gouache
  4. Identifier les couleurs de sa palette : ce qui fera ta singularité
  5. Peinture sur le vif : un paysage au bord de l’océan
  6. Peinture sur le vif : les falaises à la gouache
  7. Du motif à la feuille : la mise en couleurs d’un paysage

Le premier, Peindre un paysage au bord de l’océan à la gouache, part d’une vue du Pays basque : pourquoi la choisir, comment la structurer sur le papier, puis les étapes de la mise en couleurs. Chaque cours se suit aussi seul. Découvre son profil d’artiste, et tous nos cours de peinture en ligne.

Foire aux questions : peindre à la gouache

Qu’est-ce que la gouache ?

La gouache est une peinture à l’eau faite de pigments et de gomme arabique, comme l’aquarelle, mais plus chargée en pigments et additionnée d’une charge blanche qui la rend opaque. Elle couvre, sèche mate et reste soluble à l’eau une fois sèche, ce qui permet de la retravailler.

Gouache ou acrylique : laquelle choisir pour débuter ?

La gouache convient mieux pour peindre sur papier, en petit format, avec une finition mate et la possibilité de reprendre une zone à l’eau. L’acrylique convient mieux pour peindre sur toile, en grand format ou en couches épaisses, puisqu’elle devient imperméable en séchant. Pour débuter sur papier et peindre dehors, la gouache est la plus simple.

Peut-on mélanger gouache et acrylique ?

Mieux vaut ne pas les mélanger sur la palette : le mélange perd les qualités des deux et risque de craqueler. On peut en revanche peindre à la gouache par-dessus une couche d’acrylique bien sèche. L’inverse est déconseillé, car l’acrylique accroche mal sur la gouache, qui se réactive sous le pinceau.

Quel papier utiliser pour la gouache ?

Un papier d’au moins 200 g/m², comme un papier aquarelle ou un papier mix media. Plus fin, il gondole dès la première couche. Pour les grands aplats, fixe la feuille sur un support avec du ruban de masquage pour qu’elle reste plane.

Comment éclaircir une couleur à la gouache ?

En ajoutant du blanc, contrairement à l’aquarelle où l’on éclaircit avec de l’eau. Pour foncer une couleur sans la salir, on ajoute une pointe de sa complémentaire plutôt que du noir.

Peut-on retoucher une gouache sèche ?

Oui : la gouache reste soluble à l’eau, on peut donc réhumidifier une zone pour la fondre ou la corriger, ou repasser une couche couvrante par-dessus. Il faut alors un pinceau peu chargé en eau et un seul passage, sinon la couche du dessous se mélange à la nouvelle.

Pourquoi ma gouache craquelle-t-elle ?

Parce que la couche est trop épaisse ou le support trop souple. La gouache ne supporte pas les empâtements : mieux vaut deux couches fines, diluées à la consistance d’une crème, sur un papier assez épais.

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